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Accueil > Archives > Cycles 2017 > CYCLE 1 « La laïcité au défi des identités. » > 01/03/2017 : « L’identité, les identités et la guerre déclarée à l’émancipation (...)

Conférence

01/03/2017 : « L’identité, les identités et la guerre déclarée à l’émancipation laïque. »

Conférence animée par Henri Pena Ruiz, philosophe, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris, professeur honoraire au lycée Fénelon.

Salle des fêtes de la Mairie de Montreuil ( métro Mairie de Montreuil, ligne 9 ) à 20h00 / Entrée libre

Qu’est-ce qu’être soi ? La question de l’identité personnelle se trouve aujourd’hui écartelée. D’un côté une mondialisation impérieuse, voire inhumaine, qui exalte l’individualisme tout en le canalisant par des condi- tionnements publicitaires et idéologiques uniformisants. De l’autre les compensations identitaires appa- rentes que proposent des religions avides de pouvoir politique et de restauration de traditions rétrogrades. La laïcité est alors combattue par tous les moyens possibles, souvent hypocrites, au nom de cultures et d’identités collectives qui seraient mutuellement exclusives. Les communautarismes religieux se font ainsi pourvoyeurs identitaires, au risque de ressusciter la guerre des Dieux. En même temps ils mettent en cause les émancipations sociétales et s’accommodent bien d’une mondialisation destructrice des droits sociaux. Ils tentent par exemple de réhabiliter le patriarcat en même temps que le monopole spirituel des religions. Le tout sur fond de néolibéralisme triomphant, vecteur de régression sociale et de substitution de la charité à la solidarité redistributive. Bref, retour au capitalisme des origines couplé au supplément d’âme d’un monde sans âme. Avec en plus une nouvelle guerre des dieux qui met aux prises des fanatismes intrai- tables, à mille milles de l’universalisme éthique invoqué par les religions.

La conférence explorera les différents sens de la notion d’identité, puis s’interrogera sur le rapport de l’émancipation laïque des individus et des peuples avec la libre construction de l’identité personnelle. Faut-il choisir entre la fidélité à un passé commun, souvent présenté comme source collective d’identité, et la libre construction de soi ? Telle quelle cette alternative est abstraite. Elle sert trop souvent de justification aux replis nationalistes et aux communautarismes religieux, dangereux pour l’humanisme cosmopolitique voire pour l’internationalisme. En réalité, ne crée-t-elle pas une fausse opposition en confondant le fait d’assumer le passé et la soumission servile (la tradition religieuse comme code) ? Et en assimilant la liberté person- nelle de se définir à une sorte de table rase qui est en réalité impossible ? Telles sont les questions qui orienteront la réflexion proposée.