« Judaïsme et philosophie ? Penseurs juifs contemporains ? »

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19/11/2014 14:00 - 17:00
CCEFR
Téléphone: 06 89 36 08 73
Salle Franklin MONTREUIL
Adresse : 60 rue Franklin MONTREUIL 93100 France

Cours animé par Daniel Lindenberg, professeur à Sciences Po.

 

Dans la nuit de l’occupation nazie et de la persécution vichyste, les certitudes optimistes du « franco-judaïsme » sont ébranlées. Il n’est plus possible de croire à une émancipation qui vient tragiquement de se révéler réversible. Certains responsables des mouvements de jeunesse, en particulier au sein des Éclaireurs israélites de France, élaborent lors-même qu’ils sont engagés dans de difficiles actions de résistance et de sauvetage, ce qu’ils appellent eux-mêmes une « nouvelle pensée » du judaïsme. L’inspiration en vient de certains intellectuels réfugiés d’Allemagne, au premier rang desquels Jacob Gordin (1896-1947).

Ce dernier, né en Russie, émigré en Allemagne dans les années 20 a été le passeur des idées de la renaissance juive sous Weimar, en particulier celles théorisées dans L’Étoile de la Rédemption de Franz Rosenzweig (1921). Gordin va faire connaître ce livre devenu un point de ralliement, à Emmanuel Lévinas, qui en tirera une inspiration qui va nourrir sa réflexion d’après-guerre, en rupture avec l’optimiste rationaliste des Lumières juives.

À la Libération, en effet, le désir impérieux de reconstruire une judéité française exsangue conduit à la création d’une « École de cadres » des Éclaireurs qui sous l’appellation devenue légendaire d’École d’Orsay va rapidement déborder cette mission et devenir le creuset d’un judaïsme religieux, mais non orthodoxe, cherchant à adapter le corpus traditionnel à la modernité politique et scientifique.

Après 1967, la « pensée-Orsay » (Léon Askénazi, André Néher) va se durcir au contact en Israël des théories « messianiques » de l’extrême-droite religieuse. Que cette pensée occupe aujourd’hui le devant de la scène ne signifie pas évidemment qu’elle soit exclusive. Des courants « libéraux », conservateurs aux sens américains ou diasporistes existent, mais ils sont incontestablement moins présents sur la scène publique.

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